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Gaz moutarde et grippe espagnole

, par biogil


- Y-a-t-il un lien entre la pollution de l’air et les troubles du système immunitaire ?
- Y-a-t-il un lien entre ces deux épisodes dramatiques de la grande guerre que sont l’utilisation du gaz asphyxiant et la pandémie de grippe "espagnole" ?

Gaz moutarde et grippe espagnole : deux épisodes dramatiques de la grande guerre de 1914

Les attaques aux gaz moutarde
Source Manohan Pirard, historien contemporanéiste, spécialisé en archives et documents, régent en sciences humaines. Site rtbf.be

Quelques mois à peine après le début des hostilités, le conflit s’enlise : la guerre de mouvement fait place à la guerre de tranchées. Les Allemands cherchent un moyen efficace de déloger les Alliés de leurs tranchées étant donné que l’artillerie classique n’avait pas beaucoup d’impact. Peut-on introduire une nouvelle arme ?
Une arme terrifiante capable de faire abandonner rapidement à l’ennemi ses positions ? Une arme qui, au-delà de son effet immédiat, provoquera un effet psychologique à long terme ? Car, si la guerre ne semble pas pouvoir se gagner en touchant physiquement les soldats adverses, on peut encore atteindre la dernière chose qui leur reste : leur moral. Le gaz rendra la vie impossible dans les tranchées et son inventeur sera lui couronné de lauriers. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Fritz Haber recevra plus tard le prix Nobel de Chimie, plus pour son apport dans les engrais agricoles que pour son implication dans la guerre chimique. Mais cela n’en a pas moins choqué les pays alliés.

La naissance de la guerre chimique

La Belgique sera le théâtre d’une triste innovation mondiale. Le recours à la première arme de destruction massive brisant la Convention de La Haye de 1907 (accord entre pays belligérants concernant les "règles" à respecter en temps de guerre) se fera en avril 1915. C’est le chimiste allemand Fritz Haber, directeur de l’Institut Kaiser Wilhelm en Allemagne, qui sera le concepteur de cette funeste invention.

D’autres essais avaient été effectués avant le front de l’Yser, mais avec une efficacité relative et jamais dans de telles proportions. L’utilisation de gaz comme arme entraîne de nombreuses complications techniques. Il faut que celui-ci soit assez dense pour rester compact lorsqu’il est libéré, mais aussi qu’il puisse envahir n’importe quelle cavité en rampant à proximité du sol. Dès lors, le choix des Allemands se portera sur le chlore qui remplira toutes les caractéristiques citées précédemment. Bien que la Convention de La Haye prévoie dans son article 23 l’interdiction d’employer des armes empoisonnées, le 22 avril 1915 à Langemarck (ville située au nord d’Ypres), les Allemands qui cherchent à tout prix à déloger les alliés de leurs tranchées placent des bonbonnes de gaz contenant du chlore et se servent du vent pour diriger ce gaz vers les lignes françaises de la 87e division territoriale et de la 45e division algérienne. Ce sera la panique dans les unités françaises. Les soldats seront totalement pris au dépourvu. Sans protection face à ce nouvel ennemi, les quelques rescapés prennent la fuite. Les hommes courent, tombent, sont asphyxiés. Les survivants crient pour obtenir de l’eau. Ils ont la gorge brûlée, ils crachent du sang, se débattent pour tenter de trouver un peu d’oxygène.

Pour lire la suite : Les attaques au gaz moutarde en Belgique pendant la guerre 1914-1918, Site rtbf.be

Mémoire d'Apollinaire, lettres à Lou I peinture de FOLON (FOLON, Jean-Michel et GILSOUL, Guy, Fondation Folon. Gand : éditions Snoeck, 2008, p.61)

La grippe "espagnole" frappe la Belgique (1918-1919)
Source Nicolas Mignon, historien, spécialisé en littérature de guerre belge. Site rtbf.be

Au début de l’année 1918, une étrange épidémie de grippe se répand à travers la planète. Dans un premier temps, elle n’inquiète pas spécialement les populations européennes. Bien que très virulente, elle n’entraîne en effet pas beaucoup de décès. Par ailleurs, les grandes offensives allemandes du printemps préoccupent bien davantage l’opinion.

Celle-ci s’alarme soudain à la fin de l’été, devant la multiplication des malades et l’aggravation de leur état. Dans de nombreuses localités, les civils sont atteints en masse. Dans les armées, les états-majors voient leurs effectifs fondre, au moment-même où l’issue de la guerre se décide. Les journaux parlent de moins en moins de la guerre, et de plus en plus des malades qui décèdent. Qu’est-ce donc que cette maladie, qui rappelle – en bien pire – la grande grippe de 1889-1890 ? Comment s’en protéger ? Et d’où vient-elle ?

Les journaux de la péninsule ibérique sont les premiers à avoir tiré le signal d’alarme, alors que leurs homologues européens se consacraient entièrement au conflit : la grippe sera donc qualifiée à tort d’ "espagnole".
Elle serait la pandémie la plus mortelle de l’histoire.
Pour lire la suite : La grippe "espagnole" frappe la Belgique. Site rtbf.be


- Y-a-t-il un lien entre ces deux épisodes dramatiques de la grande guerre ?


- Y-a-t-il un lien entre la pollution de l’air et les troubles du système immunitaire ?

Le gaz moutarde engendre une baisse de la résistance immunitaire et offre ainsi un terrain favorable à la propagation de virus comme celui de la grippe espagnole.

Il agit directement sur les cellules qui synthétisent les anticorps comme l’explique Luc Montagnier, qui a reçu le prix Nobel pour ses travaux sur le virus du Sida : écoutez son interview sur le site Reporterre

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